7 secrets pour battre votre record sur 10 km

Stoppez ces erreurs fatales qui bloquent vos chronos !

récit course à pied


Best of CR 2011 - 3eme place - Le marathon du Mont Blanc


Auteur : Azaer - 97 pts

 

Décrire une expérience de course telle que celle du Marathon du Mont-Blanc , c’est pour moi rendre hommage aux organisateurs, aux bénévoles, aux participants ainsi qu’à la beauté des paysages. Davantage que dans mes autres comptes-rendus, j’ai envie de vous transporter avec moi dans cette vallée, de Chamonix à Vallorcine, à flanc de montagne, au pied du Mont-Blanc.

 

Génèse d’une idée folle

 

Après l’échec à la Saintélyon 2010 où j’avais abandonné à mi-parcours, transi de froid, les pieds en sang , quasiment la bave aux lèvres et obligeant mon père à s’arrêter également, j’ai mis un certain temps pour me refaire une santé physique. Mais c’est la tête qui n’en voulait plus. Trois semaines se passent, je reçois mes parents chez moi pour Noël. A mon habitude, je n’ai pas pris le temps de faire des cadeaux. Durant la soirée, la conversation avec mon père s’oriente vers la course à pied, sur le fait qu’il nous fallait rebondir après cette STL ratée. A ce moment là, une idée de cadeau me traverse l’esprit : lui offrir l’inscription au Marathon du Mont-Blanc. Chose faite dix minutes plus tard.

A partir de là, nous tenions notre objectif sportif 2011 et nous avons articulé toute la première moitié du calendrier autour de cet évènement très ambitieux pour nous. La reprise en janvier fût difficile, avec un corps et une tête toujours abîmés. Le soutien des membres du forum CCAP sera pour beaucoup dans ma re-motivation, merci à tous. Les sensations reviennent petit à petit.Toujours avec mon papa, nous participons à plusieurs trails ensemble. Ses gros entrainements lui sont bénéfiques et il manque de me battre sur celui de Chateaubourg (35) en avril. A cette date, mes expériences sur le long sont toutes mauvaises : marathon, Saintélyon, trails de 26km. A chaque fois, je bloque aux alentours du 20e kilomètre et la tête explose davantage que les jambes. Jusqu’au Trail des Portes du Vexin (78), quatre semaines avant le Mont-Blanc, où je termine avec une étonnante fraicheur les 36km de course et quelques centaines de mètres de dénivelés. Enfin, j’ai maîtrisé mon sujet de bout en bout. Le moral est au plus haut et c’est exactement ce dont j’avais besoin pour attaquer mon objectif principal de 2011.

La veille de la course, nous laissons les enfants à Paris et partons en voiture avec mes parents, direction Chamonix. Après plusieurs heures de route, je découvre LA montagne, la vraie. C’est la première fois que je vais aussi haut et ce spectacle vaut le déplacement à lui-seul. En voyant les Aravis, j’ai une grosse pensée pour Papadje qui doit être en pleine course.

La vue sur le Mont-Blanc est saisissante

Arrivée à Cham’ vers 17h, nous nous installons à l’hôtel puis allons retirer nos dossards. Il suffit de suivre le flot pour trouver l’endroit. Nous visitons tranquillement la petite ville de Chamonix, prenant des photos du Mont-Blanc, du Pic du Midi, du téléphérique où s’est déroulé le kilomètre vertical le vendredi veille de notre arrivée. Nous nous installons à la terrasse d’un restaurant et, tandis que les femmes discutent du paysage et de ce qu’elles visiteront le lendemain, je partage mes craintes avec mon père face à ces dénivelés que nous ne connaissons pas (le km vertical a une pente moyenne de 50%). Les plats de pâtes commandés semblent fanés et nous les avalons rapidement avant de rejoindre nos chambres à l’hôtel.

Entre le stress qui monte, le plat de pâtes qui me donne des palpitations et le voisin du dessus qui s’échauffe déjà à 23h pour la course du lendemain, le sommeil mettra du temps à venir. Chamonix s’endort peu à peu.

 

Réveil matin 15h, j’me réveille comme une fleur


Merci Tryo, mais c’est à 5h que le réveil sonne, et c’est comme un zombi que je descends prendre mon petit déjeuner. Mon père a eut des soucis gastriques toute la nuit à cause des pâtes et ça l’inquiète pour la suite de la journée. D’habitude au chocolat, aujourd’hui je me charge de café. Un, pour me réveiller. Deux, pour vidanger avant le grand départ, c’est une de mes grosses craintes. L’autre crainte, c’est la fragilité de mes pieds, alors j’adopte un protocole mit en place durant mes dernières SL à savoir : crème NOK, deux paires de chaussettes et mes Brooks bien serrées. Je fais une petite prière au dieu des pieds avant de quitter l’hôtel, laissant nos femmes bien au chaud sous la couette.

Nous courons (ce sera notre allure la plus rapide de la journée) poser nos sacs de changes avec ceux des autres concurrents. Grâce à Softrun, nous avions édité un tableau avec les temps de passage prévisionnels, avec pour objectif de finir en 7h45 sans trop y croire (reliquat d’humilité dû à l’expérience accumulée durant cette année de trails). Alors nous nous alignons dans le peloton, environ au deux tiers. Le speaker chauffe la foule, l’ambiance est déjà excellente, ce qui augure de bonnes choses.

 

7h, le départ est donné


La masse des coureurs assoiffés de dénivelés

Même si ça part fort devant, la meute s’étire lentement et il nous faudra plus de deux minutes pour franchir la ligne en marchant. Malgré l’heure matinale, il y a dejà du monde dans les rues de Chamonix pour soutenir les trailers. J’entends quelqu’un nous appeler, c’est ma mère et Lucie qui se sont finalement levées pour nous soutenir au départ.

Nous avons appris de nos précédentes erreurs et dès le départ, nous adoptons un rythme calme, sachant qu’un départ un peu trop rapide nous pénaliserait lourdement sur la fin du parcours. J’ai de mauvaises sensations, chevilles raides, pieds lourds, l’échauffement durera une grosse heure pour moi. Heureusement, le temps est idéal en ce début de course, le soleil s’élève doucement au-dessus des cimes et la température est douce, ça m’aide à passer ce cap. Puis les premières montées à travers les sous-bois arrivent, elles permettent de marcher tranquillement. Le long serpent des concurrents d’un jour s’étire paresseusement à mesure que la pente s’accentue.

Sur un rythme de sénateur


A tout à l’heure papa


Nous quittons Argentière (10e km) vers 8h19 et attaquons ensemble une montée abrupte en monotrace où les trailers s’agglutinent les uns derrière les autres à l’arrêt. J’essaie de garder mon allure en passant sur les côtés, quitte à forcer gentiment le passage par moment. Je sais que mon père ne suivra pas. A chaque fois que j’avance de vingt mètres, il avance de cinq. Les dés sont jetés, je continue sur ma lancée. Je remonte doucement la file lorsque j’aperçois la joëlette et ses douze courageux porteurs tous de vert vêtus. Je profite d’un virage en épingle pour couper et passer devant eux avec un petit mot d’encouragement, admiratif du pari complètement fou qu’ils se sont fixés (www.courirpourtoi.com/).

La descente vers Vallorcine est très roulante et permet de bien se dérouiller. Beaucoup de spectateurs à cet endroit, et ils me connaissent tous, quelle chance : « Aller Seb, courage ! », « Vas-y Sébastien ! ». Je ne m’étais pas aperçu que nous avions nos prénoms écrits sur notre dossard. C’est incroyable le soutien moral que ce détail insignifiant m’a apporté durant toute la course. Moi qui n’apprécie pas vraiment la foule des spectateurs lors des courses sur route, j’ai l’impression de partager un moment privilégié avec eux. Je n’ai jamais autant dit « merci » que durant cette course.

Descente vers Vallocine

Le ravitaillement de Vallorcine est le plus fourni : eau, coca, jus, banane, et même charcuterie et fromage. Il est encore un peu trop tôt (9h16) pour que j’avale un tel repas, alors je prends un simple coca, un verre d’eau et je sors de Vallorcine direction Le Col des Posettes.

La sortie de Vallorcine donne le ton

 

La difficulté du jour

 

Enfin ça, c’est ce que je croyais. A la sortie du petit hameau de Vallorcine, nous passons une barrière et attaquons une montée improbable, au moins 30% à vue de nez. Les bâtons sont de sortie pour ceux qui en ont, moi, j’appuie sur les genoux pour soulager mes quadriceps. La technique n’est pas esthétique, mais elle est efficace. Penché en avant de la sorte, je dois donner l’impression de souffrir terriblement dans cette montée qui n’en finit pas car plusieurs concurrents me demandent comment ça va. Et pourtant ça va, ça va même très bien. Mon allure est faible, ridicule même si l’on devait l’écrire en kilomètre par minute, et pourtant je gagne des places. Certains trouvent la force de doubler, ce serait carrément suicidaire de les suivre, alors je poursuis inlassablement mon effort contrôlé.

Quelques courts replats me permettent de récupérer en trottinant doucement. Je me félicite d’avoir tenu ces longues séances de montées/descentes qui me permettent aujourd’hui de récupérer très rapidement de mes efforts. Là encore, j’ai une grosse pensée pour Gilles, le coach du forum CCAP, ainsi que pour Guilhem qui a su me conseiller judicieusement tout au long de ma longue préparation. Je croise deux nordistes dont l’un chante à tue-tête, je ferais un bout de chemin avec eux, vive L’Ch’Nord ! Tiens des vaches, ou plutôt quatre trailers anglais déguisés en vache. Les costumes sont sympas, mais ce n’est visiblement pas la tenue adéquate pour cet exercice et ils semblent un peu à la peine même s’ils gardent le sourire.

Arrivé là, le paysage est tellement incroyable que j’oublie tout. Tous les voyants sont au vert, si je m’arrêtais maintenant, ce serait juste un gros entrainement. Mais avec l’effort, les larmes me montent aux yeux, ce qui ne me ressemble pas et qui me fait me dire que finalement l’effort n’est pas anodin. J’entends au loin le son d’une guitare et d’un chanteur déchainé qui reprend La Bamba avec brio. C’est le ravitaillement du Col des Posettes qui arrive relativement vite, après 3h22 de course. Je ne recharge toujours pas mon Camelback mais prends tout de même quelques instants pour boire du coca, de l’eau et avaler un bout de banane. Il reste encore un peu de dénivelé pour arriver à l’Aiguille des Posettes et je partage le reste du chemin avec d’autres jeunes nordistes (décidément) qui se tirent la bourre.

Ravitaillement du Col des Posettes

Et ça continue de monter jusqu'à l'Aiguille des Posettes

Un peu de pub pour mon sponsor

Je vous ai dit que ça monté? Quand y'en a plus, y'en a encore!

 

Tout en haut, la vue est imprenable, beaucoup s’arrête pour prendre des photos ou tout simplement pour souffler et profiter de ce moment. Je cherche à envoyer une photo du panorama à Guigou avec mon téléphone, mais le réseau vient juste de passer en Suisse, je laisse tomber l’idée et poursuis. Je salue un couple de randonneurs-spectateurs qui squattent le point culminant en nous encourageant, et j’attaque la descente.

Voici le plus beau belvédère du parcours, ça se mérite

Et mon couple de courageux randonneurs

Et là, la partie de rigolade est finie. Toutes mes prévisions de temps s’écroulent. Comment peut-on courir dans des pentes aussi abruptes et cassantes ? J’essaie tant bien que mal et l’un des nordiste m’emboîte le pas. Au bout de cinq minutes, j’ai des alertes au genou droit qui m’obligent à modifier mes appuis. Au bout de dix minutes, ce sont mes orteils gauches qui tapent trop en bout de chaussures tellement c’est pentu. Et pas le temps de flaner et d’admirer le paysage, ça bouchonne devant, ça pousse derrière, certains ont les pics des bâtons vers le haut à hauteur de visage, les appuis sont instables, brefs c’est « technique ». Je croise un groupe de randonneurs sexagénaires et mal informés qui tentent tant bien que mal de remonter la cohorte de trailers dévalant la descente, sans grand succès, ils sont contraints de s’écarter du monotrace pour nous laisser passer.

On arrive dans un sous-bois où je me dis que ça ira mieux avec les arbres et la terre, mais les arbres ont décidé de pousser directement sur le roc et c’est un passage extrêmement exigeant qu’il faut affronter. En effet, c’est un entrelacs de racines qu’il nous faut passer. Aucune logique comme avec les pierres, là c’est organique. En plus, il y a des passages humides très glissant. C’est le moment que je choisis pour me tordre la cheville gauche, celle qui me fait peur depuis plusieurs semaines. La douleur est vive, perdure un peu, alors je ralentis l’allure, de toute façon c’est vraiment trop dangereux dans ce passage. Deux concurrents passent devant moi au même moment, en coupant court à chaque virage, sauf que c’est tellement abrupt que le premier des deux manque de faire un tout droit direction le ravin sous mes yeux incrédules. Heureusement, il se rattrape in-extremis au tronc d’un arbre, sauvé par un pin.

 

Où suis-je ?

 

Calmé pour de bon, je trottine doucement jusqu’au bas des Posettes. Il y a du monde à cet endroit, mais le lieu-dit n’est pas indiqué. Au milieu de ce charmant hameau de Le Tour, le ravito est un simple lavoir où coule l’eau. Le soleil tape dans la vallée. Il est maintenant 11h25 soit 4h25 de course, et le besoin de s’asperger la tête, le visage et les jambes se fait sentir, nous en profitons donc pour nous rafraichir plus que pour nous désaltérer, surtout car nous croyons qu’il y a un vrai ravito un peu plus loin dans le village. Erreur, il faut continuer et je commence à dépasser quelques coureurs en perdition, alors que cette partie plane aurait dû être une des parties les plus faciles. Je sors mon tableau de temps de passage et là, stupéfaction, je constate que je suis totalement perdu. Mais où suis-je ? Etait-ce bien le ravitaillement de Le Tour que je viens de passer ou un simple point d’eau dans un hameau ? Je gamberge de plus en plus et la fatigue commence à se faire sentir. J’en oublie le paysage, j’oublie de prendre des photos, je crois bien que je passe en position « off ». Et tandis que je commence à me poser de sérieuses questions, nous arrivons vingt minutes plus tard à Tré-Le-Champ. Il ne reste plus que dix petits kilomètres avant l’arrivée.

 

Difficulté, bis repetita

 

Tré-Le-Champ est le gros ravitaillement de ce marathon, c’est le point où notre parcours quittait celui du Cross du Mont-Blanc pour partir vers les Posettes avant d’y revenir et de reprendre le même chemin du retour vers PlanPraz. Là, grosse halte, je constate qu’autour de moi il y a de sacré coureurs et qui semblent pourtant plus ou moins atteints par l’effort consenti jusque là. J’ai besoin de me reposer un peu après cette longue descente pour laquelle j’étais mal préparé. Je remplis le camelback à moitié me disant qu’il me reste à peine cinq kilomètres avant La Flégère et que j’ai passé la grosse difficulté du jour. Quelques morceaux de bananes, coca, verres d’eau et je reprends la course, mais en marchant cette fois.

Pourtant c’est plat, mais je n’ai pas envie de courir là. Quelques coureurs me passent en courant tant que c’est plat. J’essaie de les suivre mais il faut vraiment que je me refasse la cerise. Les jambes ont un peu durci dans la longue descente technique et je manque un peu de sucre. Je sors un énième gel avant d’attaquer la côte en marchant, je suis serein à ce moment là. Comme je l’ai écrit, la grosse difficulté du jour, c’était l’Aiguille des Posettes et ses 1600 ou 1700 mètres de dénivelés positifs.

Le gel toujours dans les mains, je grimpe sans l’ouvrir. Ça grimpe fort, ça grimpe sans discontinuer. Au contraire de la montée des Posettes, il n’y a pas de replat pour récupérer un peu, et la fatigue s’accumulant, la montée devient vite un mur pour beaucoup. Je reprends des coureurs qui couraient encore cinq cents mètres avant. J’emboîte le pas d’un concurrent qui s’aide comme il peut de ses bâtons. Il monte bien, disons qu’il monte au bon rythme, doux et régulier. Nous dépassons de plus en plus de monde, certains sont carrément à l’arrêt. Ma tête vers le bas, je suis les pas de mon précédent. De temps à autre, je jette un œil à ma montre pour constater que le temps ne passe plus comme avant. Les minutes s’égrènent lentement. Je ne regarde que les rochers à escalader pas après pas. Le souffle est court et mon cœur cogne fort. J’hésite à m’arrêter quelques instants pour récupérer car même la marche lente ne suffit pas. Je me force à avaler régulièrement mon gel puis une pâte de fruit, il me faudra une heure pour avaler les deux.

Mon meneur d’allure du moment fait beaucoup de petits pas alors que je peux monter de grosse marche sans que mes quadriceps ne se fatiguent trop, alors j’en profite. Mais à chaque fois que j’exagère, mon cœur se rappelle à moi et j’entends ses battements dans mes tempes. Je suis à la vitesse d’un escargot asthmatique. Finalement, mon meneur d’allure jette l’éponge avant moi. Je l’encourage en le passant et constate que toute une file de concurrents s’était greffée à nous au fur et à mesure de la montée. C’est donc à moi de les tirer jusqu’au prochain ravitaillement. Un gamin qui assistait à la course m’encourage et me dis que ce n’est plus très loin. « Combien ? » lui demandais-je et il me répond « Un kilomètre ». Nous sortions du bois et je croyais voir le sommet, mais il a rajouté « Environ vingt minutes ». A cet instant, le sol s’est ouvert sous mes pas et je crois avoir maudit le gamin. Ce n’était pas sa faute, mais j’étais cuit. Encore vingt minute, et la difficulté est allé croissante jusqu’à La Flégère.

En effet, nous sommes sortis du bois pour arriver sur une piste de ski. Je n’en avais jamais vu avant, et ça ne me donne pas envie d’y retourner. C’est peut être drôle à descendre sur la neige, mais à monter sous le cagnard, c’est une autre affaire. C’est le moral dans les chaussettes que j’ai parcouru les centaines de mètres me séparant du ravito. J’étais complètement cuit, sec, plus de jus. Et surtout, plus d’eau dans le Camel. Il faut dire que j’ai eu la brillante idée de ne pas le remplir totalement au précédent ravitaillement pour m’alléger, et que j’ai gober un sachet de sel durant la montée pour éviter les débuts de crampes. Donc, j’ai eu soif, j’ai tout bu, et j’étais à sec en plein milieu de ma piste de ski noire à remonter.

Du coup, j’en ai pris mon téléphone pour une vidéo posthume pour mes deux fils. A défaut de me rendre de l’énergie, ça m’a fait passer le temps jusqu’à La Flégère. J’aperçois un parapente au-dessus de moi et l’envie terriblement. En tout cas, merci aux deux spectateurs qui m’ont encouragé sur la fin de cette montée, sans eux j’y serai encore, ainsi qu’au quatuor qui jouait du tambour et qui a rythmé la fin de cette montée infernale.

 

Dernière ligne droite

 

Que de monde à La Flégère. On a tous notre camelback au pied. Je crois que même ceux qui ont leur camelback plein font semblant d’avoir à le remplir tellement la dernière côte a été dure. Les bénévoles ont installé des bassines pour se tremper la tête et tous, nous en profitons bien. Il est environ 13h10 et je me dis que les 7h de parcours sont atteignables, après tout, il ne reste que six kilomètres avant l’arrivée.

La reprise de la course est un peu heurtée, mais rapidement ça devient plus fluide. A nouveau, je me sens bien et je profite du point de vue. Nous avons traversé toute la vallée et voyons Chamonix en contrebas. J’emboîte le pas d’un coureur qui semble très à l’aise et nous doublons à tour de bras en criant des « A gauche ! » à ceux qui marchent. On court dans les descentes, sur les pierriers instables, et même dans les côtes qui ne sont pas encore trop méchantes. Il y a surtout de longs faux plats descendants dans les trois premiers kilomètres.

Puis d’un coup, ça remonte. A peine mon meneur d’allure a-t-il posé le pied dans la côte qu’il est pris de crampe. Je m’arrête en même tant qu’un autre suceur de chaussures et il lui propose de lui tirer la jambe. Je reste deux secondes puis, ne pouvant rien faire de plus que lui tenir la main, je décide de repartir vers le final tant attendu. A nouveau ça grimpe fort, chaque virage aveugle donne sur une nouvelle côte, au bout de chaque côte, la sensation d’avoir une nouvelle côte. Mais ça sent bon la soupe alors je m’accroche. Soudain, j’entends la voix de l’animateur, il annonce que c’est encore jouable pour les 7h. Enfin, au loin et tout là-haut, j’aperçois le village d’arrivée de PlanPraz. Je sais que je n’accrocherai pas les 7h, mais je monte avec ce qui me reste de force.

Virage, espoir, côte, virage, espoir, côte, etc ...

Il y a énormément de monde dans le dernier kilomètre et rappelons qu’un kilomètre en montagne, c’est vingt bonnes minutes. On dirait une arrivée du Tourmalet, les vélos en moins. Les spectateurs encouragent à tout va, il y a même des trailers arrivés qui sont redescendus pour encourager. L’ambiance est incroyable, c’est trop pour moi et les larmes me viennent aux yeux alors que je croyais être tout sec. Peu avant le finish, une fillette de trois ans, blonde comme les blés, grimpe plus vite que moi alors qu’elle cherche sa maman dans la foule. Je suis à fond et elle va aussi vite que moi. Mais c’est la fin du marathon, je me mets à courir sur les derniers cent mètres à plat, lève les bras au ciel pour la photo finish et passe la ligne d’arrivée avec un sourire grand comme ça.

 

L’arrivée

 

7h12 et des poussières pour venir à bout de ce marathon du Mont-Blanc. L’objectif, qui n’en était pas vraiment un, est explosé de plus d’une demi-heure. Lucie et ma maman sont encore à Chamonix croyant quelles avaient encore largement le temps pour assister à notre arrivée triomphale : et non !

Je suis heureux d’en finir, totalement vidé, mais je peux encore bien marcher au contraire du marathon de Vincennes en octobre dernier où mes jambes ont durci immédiatement. Je me prends un coca, une bouteille d’eau et une bière et je retourne à l’arche pour attendre mon père. La plupart de ceux qui arrivent sont plutôt pas mal, je ne vois pas de gars à l’agonie et c’est tant mieux. Cela dit, les bancs disposés juste après la ligne d’arrivée sont tous pris, le temps de récupérer pour ceux qui sont allés au bout d’eux-mêmes.

Le magnifique panorama de PlanPraz

Je profite pleinement du splendide panorama avec une deuxième bière et une deuxième bouteille d’eau, mais les minutes passent et toujours pas de papa. Je commence à m’inquiéter sérieusement tandis que nos femmes arrivent par le téléphérique. A peine ont-elles eut le temps de me rejoigne à l’arche que mon père passe alors que nous nous embrassons. J’entends juste le commentateur crier un grand « Bravo Marc, juste avant les 8h ! » et je vois mon père de dos, franchir la ligne d’arrivée, visiblement cuit et recuit. Je le rejoins aussitôt pour le féliciter. Il m’expliquera qu’il a eut une panne sèche au pied de PlanPraz et qu’il a senti les signes avant-coureurs d’une grosse déshydratation. C’est un concurrent qu’il lui donnera un peu d’eau, ce qui lui permettra de rallier l’arrivée avec dix bonnes minutes de perdues sur les cinq cents derniers mètres.

Le repos du guerrier

Malgré ce moment difficile, il est ravi de l’avoir fait. Dire qu’il y a à peine un an, nous commencions sérieusement la course à pied avec objectif semi-marathon. Nous avons fait beaucoup de chemins, au propre comme au figuré.

 

Retour à la maison

 

De retour chez moi, je trie les photos et les vidéos et commence à rédiger ce long CR. Puis je lis les CR d’autres participants dont celui de David sur son blog, bien écrit et avec de superbes vidéos, dont la descente des Posettes : ICI

Préparation réalisée (et c’est un minimum) :
- 40 séances sur 13 semaines dédiées à cette épreuve
- 540 kilomètres à pied
- 56h d’entrainement de course à pied
- Des heures de vélo et de natation
- Et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif accumulés

 

Bilan


- 7h12 pour boucler le MMtB
- 1400e au 10e km et 1027e à l’arrivée
- Pas d’ampoule, pas de crampe, superbe état durant la course.
- Peu de courbatures le surlendemain, sans comparaison par rapport au 1er marathon
- Reprise du vélo pour aller au boulot et tout va bien.

Encore une fois, merci pour votre soutien durant cette année de préparation. Un gros merci à l’organisation, aux spectateurs et à nos supportrices (Lucie et Yo). Et un énorme bravo à mon papa avec qui j’ai partagé cette incroyable expérience. Souhaitant que ce long CR vous mette l’eau à la bouche et vous permette de vous lancer dans de telles balades.

A bientôt sur la route …
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