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L'endurance fondamentale



Souvent le coureur de fond réalise ses sorties d’entraînement en endurance à des allures trop rapides. Or ce n’est qu’en courant lentement, en totale aisance respiratoire, que le coureur peut progresser durablement.

A la question ‘’êtes vous encore en endurance fondamental quand vous courez à 80% de votre FCM?’’, beaucoup de coureur répondent par l’affirmatif. Erreur de leur part, pouvant être à l’origine d’une progression ralentie voir même de contre performance ou de blessure.

Certes à cette allure, l’organisme fonctionne sur un équilibre réel mais doit lutter pour éliminer l’acide lactique déjà produit en quantité non négligeable, et se maintenir en aisance respiratoire. Le coureur ne peut plus parler sans faire des pauses pour reprendre son souffle, et termine les séances avec une légère sensation de fatigue. Il ne s’agit plus d’endurance fondamentale mais d’endurance active. Il est important pour le coureur de ne pas confondre ces deux types ‘’d’endurance’’.

En adoptant des allures trop rapides, le coureur ne bénéficie pas des effets positifs et indispensables qu’induit l’endurance fondamentale sur l’organisme.

 

 

Principaux effets de l'endurance fondamentale


Voici quelques uns des principaux bénéfices d'un travail sérieux en endurance fondamentale et des effets provoqués au niveau de l'organisme

 

A - Amélioration de la circulation sanguine avec un développement et une meilleure utilisation du réseau des petits vaisseaux capillaires, augmentant ainsi la quantité d’oxygène dont pourront disposer les cellules musculaires. La cellule musculaire étant le siége des différents processus physiologiques permettant de transformer les aliments en énergie "contractile" . Voir oxygène

 

B - Transformation des caractéristiques de certaines fibres musculaires dites ’’intermédiaires’’ avec notamment une augmentation du nombre de mitochondries. La mitochondrie étant considérées comme la « centrale énergétique » de la cellule, car c'est là que se déroulent les dernières étapes qui permettent de transformer l'énergie des molécules organiques issues de la digestion (glucose) en énergie directement utilisable par la cellule (ATP). Voir aussi Wikipédia

 

C - Lors des footings longs en endurance fondamentale, le coureur habitue aussi son organisme à mieux utiliser les réserves de lipides pour fournir l’énergie nécessaire à la contraction musculaire. Ainsi les réserves de glycogène intra-musculaire sont davantage épargnées aux allures modérées et s'épuisent moins rapidement si l'effort se poursuit dans le temps. Tout bénéfice par exemple pour le marathonien, dans l'optique de limiter au maximum les risques d'être confronté au fameux "mur" au delà du 30eme kilométre. Voir le carburant musculaire

 

D - Augmentation du volume du cœur. Ce qui permet une amélioration du débit cardiaque et donc au final une baisse de la FC pour une intensité d’effort donnée. Voir la fréquence cardiaque

 

A la lecture de ces differentes données, il est aisé de comprendre pour quelles raisons le coureur commettrait une grave erreur à négliger ce travail en endurance fondamentale. Cette allure pouvant être considérée comme étant les "fondations" de l’entraînement en course de fond . Son volume doit representer au moins 70% de l'horaire hebdomadaire d'entrainement chez le coureur de 10km, semi marathon, marathon, trail.....

 

 

Quand le coureur est-il en endurance fondamentale ?


D’un point de vue scientifique le coureur est considéré en endurance fondamentale tant que le taux d’acide lactique dans son sang reste très faible (taux inférieur à 2mmol/litre de sang) (voir les filières énergétiques). Ce taux augmente progressivement avec les allures de courses. Au delà d’un certaine allure, quand le taux d’acide lactique dépasse la limite de 2mmol/l, le coureur sort de l’endurance fondamentale. Beaucoup d’auteurs ou entraîneurs emploient le terme de seuil aérobie pour nommer l’allure de course correspondante. Mis à part l’utilisation de tests en laboratoire, il est très difficile de la mesurer précisément.

En règle générale, le coureur est en endurance fondamentale jusqu’à 75% de sa FCM. Au delà de 80%FCM,et jusqu’à 90%FCM (4mmol d’acide lactique/l), le coureur rentre dans le cadre de séances plus spécifiques effectuées sous forme de fractionnés, visant à développer ses aptitudes pour un type d’épreuve. Il s’agit donc de l’endurance active, encore appelée séance au seuil ou séance à allure spécifique pour le marathon (couru à 80-85% de la FCM) et le semi marathon 90% de la FCM). Les allures en endurance active s’accompagnent d’une production d’acide lactique, certes pas encore trop gênante, mais plus conséquente qu’en endurance fondamentale.

 

 

Dans la pratique


L’endurance fondamentale est incontournable pour un entraînement efficace. Sans elle, pas de progrès. Rien n’empêche le coureur de choisir des allures inférieures à 75% de la FCM. En endurance, l’allure n’est jamais trop lente mais souvent trop rapide. En adoptant des allures de courses comprises entre 60% et 75% de la FCM pour les séances d’endurance fondamentale, le coureur évite tout risque d’erreur.

Dans le cadre des séances d’endurance, le repère utilisé est la FC. Il est difficile de contrôler ses allures à partir de vitesse de course. Trop d’éléments extérieurs et internes peuvent rendre néfaste l’utilisation d’une vitesse ‘’repère’’: les cotes, le vent, la chaleur, la fatigue,…..

Paradoxalement, courir à ces faibles intensités n’est pas aisé au départ. Le coureur ne ressent pas de sensations agréables. Il a le sentiment de devoir se freiner continuellement.
Mais au fil des séances, en conservant cette faible intensité, le coureur retrouve petit à petit sa vitesse de course normale tout en étant plus économique. De plus, les progrès réalisés à intensité faible se répercutent au niveau de ses autres allures de course.
Ce travail est fastidieux et demande beaucoup de patiente. Il faut accepter de courir moins vite, quitte à avoir l’impression de régresser au départ. Mais aucune inquiétude, ce n’est que passager.

 

 

L’endurance fondamentale chez le débutant


L’endurance fondamentale représente la totalité du volume de travail. Le débutant a tout intérêt de rester entre 65% et 70% de sa FCM. Pour lui, l’objectif n’est pas de courir plus vite, mais de tenir de plus en plus longtemps.

Voir aussi chapitre le débutant dans types de coureur

 

 

L’endurance fondamentale chez le jogger


L’endurance fondamentale représente la quasi-totalité de l’entraînement. Le jogger recherche avant tout une sensation de bien être. Pour lui, la course à pied ne doit pas être source de fatigue excessive. Il coure donc entre 65% et 75%FCM, et de temps en temps jusqu’à 80%FCM. A cette allure, l’organisme utilise beaucoup les lipides comme source énergétique. Certains auteurs la nomment également endurance ’’lipidique’’. L’endurance, associée à une hygiène alimentaire appropriée, contribue donc à la perte de poids.

Voir aussi chapitre le jogger dans types de coureur

 

 

L’endurance chez le coureur confirmé


L’endurance fondamentale est omniprésente dans l’entraînement du coureur.

 

A - A l’échauffement

 

Elle est utilisée pour permettre à l’organisme de monter progressivement en ‘’puissance’’ et de faire face aux exigences imposées par la séance.
L’échauffement débute par des intensités d’efforts situées entre 60% et 65% de le FCM pour finir à 75% de la FCM.
La durée de l’échauffement en endurance fondamentale dure de 20mn à 30mn selon le type de séance qui suit.

 

B - Durant la séance

 

Dans un grand nombre de séances, la récupération doit être active. Le coureur ne doit pas s’arrêter totalement. Soit il effectue de la marche rapide, soit il trottine.
Ainsi, le coureur facilite l’élimination de l’acide lactique présent dans le sang. Plus l’allure est lente plus la quantité éliminer est grande.

 

C - Après la séance (le retour au calme)

 

5’ à 10’ d’endurance fondamentale sont préconisées après une séance d’entraînement éprouvante.
Elle permet une meilleure élimination des déchets produits par le muscle durant l’effort, facilitant ainsi la récupération.

 

D - Les footings d’assimilation

 

Voir séance d’endurance
Ils sont intercalés soit entre 2 séances très éprouvantes, soit lors de périodes de récupération en fin de programme d’entraînement ou en fin de cycles de travail. Le but de ces footings est d’assurer la continuité dans l’entraînement tout en permettant à l’organisme de s’adapter et de développer de nouvelles aptitudes. Sans ses footings,le coureur arrive très vite à une situation de surentraînement avec pour résultat fatigue et blessures. Lors de ses footings le coureur doit impérativement respecter une allure comprise entre 65% et 75% de la FCM. Leur durée est comprise entre 40’ et 1h.

NB: A l’inverse un entraînement qui laisse trop de recupération entre deux séances n’amènent pas l’organisme à s’adapter et donc à progresser.

 

E - La sortie longue

 

(Voir séance d’endurance)

Son objectif est double:
- Maintenir son allure de course alors que le coureur est déjà fatigué musculairement par une heure d’effort.
- Maintenir le rythme alors que les stocks de glycogène sont entamés, pour que les lipides prennent une part encore plus prépondérante dans l’apport d’énergie pour le muscle.

La sortie longue permet à l’organisme de s’habituer à puiser dans les réserves de lipides en préservant ainsi davantage ses réserves de glycogène. La durée des sorties longues est comprise entre 1H15 pour le coureur de 10km jusqu’à 2H00-2H15 pour les marathoniens. Dans la sortie longue, il est possible d’inclure des périodes légèrement plus rapides (jusqu’à 85%FCM pour le 10km et semi marathon et 80%FCM pour le marathon). Mais durant tout le reste du temps, la FC ne doit pas dépasser 75% de la FCM. Ce n’est pas la vitesse, mais la durée de la sortie qui compte.

 

F - Liens externe

 

Soucieux de vous apporter le maximum d'informations, quelques liens externes pouvant répondre à votre attente

Lepape-info
Wikipédia

 

 
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Re: Endurance entrainement course à pied marathon 10km semi marathon
Sep 05 2011 22:04:07
Bonjour à tous,

J'ai également des difficultés à ne pas dépasser 75% de ma FCM sans marcher, le tout avec un cardiofréquencemètre. À 80 ou 85% j'ai déjà l'impression de courir sur place. L'entraînement risque t il d'etre inutile?
De plus je m'interroge sur l'allure à adopter le jour de la course. J'ai lu dans un des articles du site que l'allure où on est le plus fort est celle qu'on a le plus travaillé, or les séances sont axées sur l'endurance fondamentale qui est censée être lente si j'ai bien tout compris. Je ne risque pas d'avoir du mal à maintenir mon rythme habituel plus rapide le jour de la course?
D'ailleurs, le jour j, y a t il des conseils à respecter sur l'allure (commencer en endurance fondamentale par exemple?)

Merci d'avance pour vos réponses!
#116529
Re: Endurance entrainement course à pied marathon 10km semi marathon
Sep 05 2011 22:03:09
Bonjour à tous,

J'ai également des difficultés à ne pas dépasser 75% de ma FCM sans marcher, le tout avec un cardiofréquencemètre. À 80 ou 85% j'ai déjà l'impression de courir sur place. L'entraînement risque t il d'etre inutile?
De plus je m'interroge sur l'allure à adopter le jour de la course. J'ai lu dans un des articles du site que l'allure où on est le plus fort est celle qu'on a le plus travaillé, or les séances sont axées sur l'endurance fondamentale qui est censée être lente si j'ai bien tout compris. Je ne risque pas d'avoir du mal à maintenir mon rythme habituel plus rapide le jour de la course?
D'ailleurs, le jour j, y a t il des conseils à respecter sur l'allure (commencer en endurance fondamentale par exemple?)

Merci d'avance pour vos réponses!
#116528
Re: Endurance entrainement course à pied marathon 10km semi marathon
Jan 23 2011 22:28:36
Tant que tu es en totale aisance respiratoire (possibilité de parler normalement) pas de souci

Car possible que tu ne possèdes pas une valeur juste de ta FCM...
#80530
Re: Endurance entrainement course à pied marathon 10km semi marathon
Jan 21 2011 19:35:02
Bonsoir,

Une question stp, tu dis qu'il ne faut pas courir au delas de 80% de la FCM sinon, ce n'est plus de l'EF, et tu préconise de courir entre 60 et 75% de la FCM. Je suis débutant et comme j'ai vu sur le forum, je fais partis des gens qui à 75% de la FCM ne peut que marcher vite Cela serait préjudiciable de courir pour moi à 80% de la FCM au lieu de des 75% ??? Car je pourais courir un peu au moin

Merci
#80140
Re:Endurance entrainement course à pied marathon 10km semi marathon
Mar 19 2010 17:15:53
Merci pour la synthèse

Elle correspond bien çà ce que je pensais .Javais déjà eu l'occasion de lire ce genre de propos. Surtout le fait que le corps continue d'être un grand consommateur "énergétique" dans les heures qui suivent l'effort.

Maintenant ça reste primordial de solliciter la filière lipidique durant les entrainement, pour la rendre plus efficace en tant que source d'énergie afin de ménager au mieux les stocks de glycogène intra musculaire sur les efforts de longues durées (semi marathon, marathon, trail...)
#43918
Re:Endurance entrainement course à pied marathon 10km semi marathon
Mar 19 2010 15:52:48
Zut j’ai répondu hier mais mon message n’a pas été enregistré. J’ai du mettre trop de temps pour le rédiger !

L’article parle de Lipomax : Zone exprimée en % du VO2Max qu’il faudrait maintenir pendant l’effort pour maximiser l’utilisation de la filière lipidique.

Voir www.conseils-courseapied.com/physiologie...t-course-a-pied.html pour plus d’infos sur les filières énergétiques.

Cette zone est en fait assez large et varie aussi beaucoup en fonction de la forme du moment et du repas pris avant l’effort : plus il y a de glycogène (sucre) disponible dans l’organisme et plus l’effort devra être intense pour bruler le graisses. Du fait de sa variabilité cette donnée n’est pas réellement exploitable au quotidien des entrainements. Ce qui me rappelle une autre zone un peu fumeuse qui fait sortir de ses gonds notre coach : le seuil ! ?

La deuxième critique porte sur le fait que la consommation de graisse ne s’arrête pas à la fin de l’effort mais continue pendant la période de récupération. Et là c’est la surprise, pour moi en tout cas :
- Plus la filière lipidique est utilisée pendant l’effort et plus la filière glucidique sera utilisée pendant la récupération et inversement
- Plus la filière glucidique est utilisée pendant l’effort et plus la filière lipidique sera utilisée pendant la récupération et inversement

Au bout de 24 heures cela s’équilibre. Pour une dépense énergétique donnée nous utilisons la même quantité de graisse et de sucre en tenant compte de la période récupération et cela quelque soit l’intensité de l’effort.

De plus les personnes qui ont fournis un effort violent auront tendances à moins manger le repas qui suit l’entrainement !

Bref en ce qui concerne la perte de poids rien ne sert de courir lentement !

Attention toutes les infos que l’on trouve sur le site sur les filières énergétiques sont parfaitement exactes et cela ne met aucun plan d’entrainement en cause.

Pour finir cela n’enlève en rien les vertus de l’endurance fondamentale
#43914
Re:Endurance entrainement course à pied marathon 10km semi marathon
Mar 18 2010 20:49:42
jf69 écrit:
Il y a un article dans le magasine "Sport et Vie" qui contredit cette idée en incluant la période de récupération après l'exercice.
Qu'entends tu quand tu dis "en incluant la periode de récupération aprés l'exercice" ?
Ils sous entendent que c'est après l'exercice que le corps brule le maximum de graisse ?
#43854
Re:Endurance entrainement course à pied marathon 10km semi marathon
Mar 18 2010 20:44:30
Bonjour

J'ai souvent entendu dire que courir lentement favorisait la perte de poids parce qu'en endurance fondamentale c'est la filière lipidique qui est principalement utilisée.
Il y a un article dans le magasine "Sport et Vie" qui contredit cette idée en incluant la période de récupération après l'exercice.

Cordialement

Jean-François
#43853
Re:Endurance entrainement course à pied marathon 10km semi marathon
Mar 12 2010 20:51:07
Est-ce qu'on peut considérer que 2 jours d'inactivité entre 2 séances, c'est un max ?

En général, c'est ce qui se passe qd je respect mon rythme habituel : EF le mardi, VMA ou AS le jeudi et SL le dimanche. Il y a dans ce cas 2 jours complets inactifs entre la VMA et la SL.
#43420
Re:Endurance entrainement course à pied marathon 10km semi marathon
Mar 12 2010 20:41:39
Oui ça serait pas mal d'intercaler un petit footing de 45' à 1h entre les deux
#43418
Il y a trop de commentaires pour les lister au complet ici. Voyez le forum pour suivre toute la discussion.

 


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